Sur Entrepreneur.com, l’article en anglais « Why smart people make bad entrepreneurs » (traduit dans le titre) mérite d’être discuté.

Pourquoi être un diplômé talentueux est un frein à la création d’entreprise ? Voici les raisons énoncées par Entrepreneur.com que je vais tenter de nuancer.

 

Raison n°1 : Le problème du « je suis meilleur que tout le monde sur toutes les tâches »

Prenons le cas de Daniel, ou Paul, ou Rachel, ces brillants élèves depuis leur plus jeune âge qui connaissent si bien la règle du 80/20 ! En fait on l’a tous connu en travail de groupe même dans les études supérieures : 80% du travail est fait par 20% du groupe. Nos 3 camarades font partie des 20% qui prennent en charge la majeure partie du travail parce qu’ils ne veulent pas risquer une mauvaise note en divisant les tâches avec Thomas, Charlotte ou Quentin. Vous savez, ceux qui sont absents à la plupart des cours et lorsqu’ils y sont, ils dorment sur leur table. C’est dans ce cas que les diplômés les plus sérieux prennent l’habitude de faire tout pour tout le monde. Mais lorsqu’on crée une entreprise, une seule personne ne suffit pas, et cette mauvaise habitude les dessert.

 

MON AVIS : En devenant entrepreneur, l’élève sérieux pour son propre diplôme doit apprendre à faire confiance pour une entreprise avec d’autres collaborateurs. Il faut donc apprendre à déléguer, créer un réel esprit d’équipe et décider très tôt du partage des responsabilités. Clairement établir les objectifs de chacun : qui fait quoi ?

 

 

Raison n°2 : Les diplômés transmettent leur talent, mais n’apprennent pas de compétences clés

Parce qu’ils veulent prendre en main toutes les tâches, ces entrepreneurs passeraient davantage de temps à transmettre leurs savoirs et savoir-faire qu’à développer de nouvelles compétences-clés à la gestion d’une entreprise. Ce genre de compétences qui s’apprennent sur le terrain et ne peuvent pas être apprises à l’école.

 

MON AVIS : effectivement, il n’existe pas de stage en entrepreneuriat et beaucoup des compétences s’apprennent à la création, au développement (à la faillite…). Et aucun diplôme ne prépare à l’entrepreneuriat, il n’y a donc pas de formation à faire valoir, jamais un entrepreneur peut être sûr à 100% de ce qu’il fait, mais il doit y croire.

 

 

Raison n°3 : Ils ne font pas dans la simplicité

Les diplômés ne seraient pas de grands fans du principe KISS (Keep it simple, stupid) qui serait indispensable à la réussite d’une entreprise.

 

MON AVIS : En tant qu’étudiante en école de commerce, je désapprouve totalement. En cours, nous apprenons constamment à synthétiser, à simplifier, à rendre nos travaux plus attractifs. En examen, nous apprenons à faire concis mais précis en très peu de temps. Nous sommes formés à la simplicité. Cette remarque peut néanmoins faire référence aux entrepreneurs issus d’autres domaines d’études.

 

 

Raison n°4 : Ils ont trop à perdre

Plus ils sont talentueux, plus ils ont d’options pour faire de l’argent, réussir, et faire encore plus d’argent. Pourquoi prendre des risques en créant son entreprise quand on peut travailler à Wall Street avec possibilité de nombreuses promotions ?

MON AVIS : Etre entrepreneur se rapporte davantage à une vocation, une envie de se réaliser qu’à une réussite matérielle. Bien sûr beaucoup de diplômés (mais aussi d’étudiants, de jeunes actifs, de mamans) hésitent entre la sécurité et l’aventure. Et là, il n’y a rien d’autre à faire que d’écouter son cœur, ses envies, pour savoir ce qui compte le plus : gérer son entreprise ou avoir sa carrière ?

Mais s’il y a hésitation, c’est qu’il y a envie ! Je laisse méditer les hésitants… (et je les laisse agir).

 

Voilà donc un article à prendre avec du recul, parce que tout le monde n’est pas Steve Jobs, Bill Gates ou Michael Dell !