Découvrez Beryl Bès et MyAnnona:la 1ère plateforme de crowdfunding dédiée à l’entrepreneuriat féminin, parce que le plus grand défaut des femmes qui se lancent est… leur réseau!

IMG_3199_HD1) Beryl Bès, quel est votre parcours avant MyAnnona ?

Mon parcours est très classique. J’ai été une bonne élève puis une bonne étudiante, J’ai fait l’école de Commerce SKEMA BUSINESS SCHOOL

Puis je suis devenue une bonne banquière. J’ai travaillé au Crédit Mutuel et à la Banque Populaire.

En 2009, je démissionne de mon poste de chargée d’affaires entreprise. J’avais un besoin de changement. Je monte mon cabinet de courtage en crédit et en assurances.

Tout naturellement, j’intègre des réseaux pour développer mon entreprise. Dans ces réseaux mixtes, je me retrouve encore en décalage.

Je me dirige alors vers des réseaux féminins et là c’est une révélation. J’y trouve d’abord de la bienveillance et de l’efficacité. Les freins que j’ai rencontrés dans ma vie professionnelle et que je pensais être liés à mon caractère, sont finalement partagés par de nombreuses femmes.

Avec Corinne Kurek, mon associée aujourd’hui, nous décidons de nous investir dans ce domaine. Notre vie prend un sens. Nous nous documentons sur le sujet, animons des associations, organisons des conférences sur la valeur ajoutée de la mixité, sur l’équilibre de nos vies.

Nous voulons aider les femmes à développer leur potentiel économique.

MyAnnona, première plateforme de crowdfunding dédiée à l’entreprenariat féminin s’inscrit dans cette histoire, son avenir est scellé à celui des femmes entrepreneures.

Plus MyAnnona se développera, plus de femmes trouveront leur juste place dans l’économie.

2) C’est quoi MyAnnona?

D’abord, ce nom MyAnnona n’a pas été choisi au hasard. Dans la mythologie romaine, Annona est la déesse de l’abondance et de l’approvisionnement dont Rome dépendait. Déesse de la prospérité, elle est souvent représentée sur un navire. Elle symbolise ainsi parfaitement la mission de la plateforme : accompagner des femmes dans cette grande traversée de l’entreprenariat, en leur permettant de trouver les financements nécessaires pour leurs projets d’entreprise.

Au-delà de l’outil de financement (précommande et prêt affinitaire) qu’est la plateforme, MyAnnona apporte des spécificités liées à l’entreprenariat féminin :

* un accompagnement centré sur l’humain, avec des expert(e)s en matière d’entrepreneuriat féminin et de son financement.

* une équipe de spécialistes en communication dans le domaine du digital et notamment le crowdfunding.

* un travail et un maillage avec les réseaux d’accompagnement notamment féminins sur tout le territoire français.

3) De qui est composée l’équipe ? Comment vous êtes-vous rencontrés ?

Une équipe de 6 personnes, 3 filles 3 garçons aux profils très éclectiques a permis de donner vie à cette plateforme. Nous sommes aujourd’hui 5 personnes associées avec Corinne Kurek et moi totalement opérationnelles

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4) Comment est née l’idée de MyAnnona ?

Cette idée est venue d’une porteuse de projet que j’accompagne dans sa création d’entreprise.

Elle m’a demandé de l’accompagner dans sa campagne. Je me suis donc rendue à la fête du crowdfunding en mai 2014 à l’ESCP. J’ai trouvé l’outil absolument génial pour le développement de l’entreprenariat mais à la fin de la journée, je ne savais toujours pas quelle plateforme choisir. j’ai donc eu l’idée de la créer.

5) Pourquoi une plateforme dédiée aux femmes ?

D’abord, les femmes sont l’actif économique le plus sous-utilisé du monde. Elles représentent 60% des diplômées de l’OCDE… Pour autant, on ne retrouve pas ces chiffres dans l’entreprise.

L’entreprenariat féminin a des spécificités qu’il faut prendre en compte, avec un accompagnement dédiée, des valeurs, et maintenant grâce au prêt affinitaire un mode de financement inédit ! https://www.myannona.com/fr/menu_item_pages/myannona-accompanying-offers https://www.myannona.com/fr/menu_item_pages/selection-process-ioan-projects-affinity-myannona

6) Quel bilan dressez-vous de l’entrepreneuriat féminin en France ?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes, 30% des créateurs d’entreprise sont des femmes en France (APCE), 10% des startups sont créées par des femmes (BPI) dont seulement 6% dans le numérique (France Digitale)

13 % des levées de fonds et, en valeur, 6 % des montants collectés sont réalisés par des femmes (étude Girls in Tech Paris).

Cet écart est une réalité d’autant que sur ces 30% de création d’entreprise, plus de la moitié se fait sous forme d’auto-entrepreneures, soit 190 000 créations par an. 79% des auto-entrepreneures n’ont mobilisé aucun moyen financier ou moins de 2000€ pour mettre en place leur projet.

Cela vous laisse imaginer dans quelle situation de précarité, elles créent leur entreprise…

L’objectif du gouvernement d’atteindre 40% en 2017 est ambitieux mais nous constatons chez MyAnnona que le principal frein reste l’accès au financement et l’ambition. Nous avons reçu plus de 130 dossiers en seulement 9 mois, sélectionné 12… Les autres doivent gagner en maturité avant de mener une campagne de crowdfunding qui n’est finalement qu’un nouvel outil de financement et de communication au service d’une stratégie d’entreprise qui se doit d’être construite.

7) Selon vous, qu’est-ce qui empêche les femmes d’entreprendre ?

J’ai classé ces freins en 2 groupes,

Les freins liés à la femme: elle-même.

D’abord, les femmes manquent très souvent de confiance en soi. Elles manquent d’ambition et parlent de « petit » projet. Ce mot est à bannir de notre langage !

D’autre part, les femmes ont peur de l’échec.. Nathalie Loiseau, directrice de l’ENA parle de l’orgueil de la bonne élève… Elles sont expertes dans un domaine mais elles attendent qu’on vienne les chercher…

Le souci de la perfection est également un frein majeur dans notre développement économique. DONE IS BETTER THAN PERFECT dit si bien Sheryl Sandberg..

Les freins externes n’aident pas non plus les femmes d’aujourd’hui. Saviez-vous qu’avant 1965, une femme ne pouvait pas ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation de son mari ou de son père… ?

Les stéréotypes ont également la vie dure et je reçois des témoignages tous les jours.. Avez-vous pensé à vous associer avec un homme ? Comment allez-vous vous occuper de votre famille ? …. Ces questions sont-elles posées aux hommes entrepreneurs ?

8) Pour celles qui ont entrepris, quels sont leurs freins/leurs moteurs pour avancer ?

La présence de réseaux féminins, de Trophées spécifiquement féminins et d’accompagnements dédiés permettent aujourd’hui aux femmes de lever ces freins et voire même de bénéficier de mise en lumière. Pour autant, toute femme ne peut pas devenir entrepreneure. Il faut bien prendre conscience de l’agilité et la pugnacité dont a besoin tous les jours un(e) entrepreneur(e) notamment dans un pays comme la France.

9) Des conseils pour celles qui veulent se lancer ?

En premier lieu, il faut travailler la cohérence entre son projet et soi. C’est la base ! Suis-je faite pour mener à bien ce projet ?

Attention, il ne faut pas succomber au phénomène de mode actuel qu’est l’écosystème de la startup. Tout le monde ne peut pas et ne doit pas être entrepreneur.

Une fois qu’on est sûr d’avoir l’envie et la capacité à être le pilote dans l’avion, il faut alors bien s’entourer. Une aventure entrepreneuriale est le fruit d’un travail d’équipe.

Un dernier conseil me semble être de se fixer des règles de vie pour ne pas se faire dévorer par cette passion.

Un conseil aux femmes entrepreneures : Ne vous « transformez » pas en homme. Gardez votre personnalité, votre authenticité.

Alors les filles ? On se lance 😉 ?