“No women, no deal” a répondu Jonathan Sposato, investisseur américain au Seattle Angel Conference en mai 2015. Sa declaration est catégorique: il n’investira que dans les startups qui ont au minimum une femme parmi les fondateurs.
Sposato est surtout connu pour avoir vendu deux startups à Google (Phatbits en 2005 et Picnik en 2010) mais aussi pour être un co-fondateur de Geekwire, site d’actualités américain tourné vers le monde des startups et des nouvelles technologies depuis 2011. Il dirige la startup d’édition PicMonkey et a investi dans près d’une dizaine de startups dont Pokitdok, du e-commerce axé santé avec pour président… Lisa Maki !

Business people group. Isolated over white background.

Sposato a pris cette décision en voyant défiler les demandes d’investissements : trop peu de startups ont une fondatrice!
Vous me direz, c’est normal, beaucoup moins de femmes se lancent, l’entrepreneuriat reste en majorité une activité masculine. C’est bien ce que je me suis dit lorsque j’ai commencé cet article : c’est logique, moins de fondatrices car moins de prétendantes.

Sposato rajoute qu’il est «aussi facile de trouver une co-fondatrice femme qu’un homme ». Et en effet, aux Etats-Unis, près de la moitié des entreprises sont créées par des femmes. Selon Sergio Arzeni, directeur pour l’entrepreneuriat de l’OCDE, « la participation massive des femmes dans la création d’entreprise et le marché du travail a contribué à 25% de la croissance des Etats-Unis sur les trente dernières années ». Un beau pourcentage, n’est-ce pas ?

Dans le secteur particulier des nouvelles technologies, 18% des sociétés sont fondées par des femmes contre 9,5% en 2009. L’engagement des Américaines n’est donc plus à remettre en cause, mais c’est bien leur capacité à soulever des fonds qui pose problème. En effet, les entrepreneures mettent davantage de temps pour faire une première levée de fonds qui sera moins élevée que leurs homologues masculins.

« The American Dream », et en France me direz-vous ? Et bien les Françaises sont plutôt bien placées dans la course et représentent 30% des entrepreneures en 2014. En 2013, DELL inventait un index de développement mondial de l’entrepreneuriat selon les genres, en 2014 la France conservait sa 4ème place de pays avec les conditions les plus favorables au développement de l’entrepreneuriat féminin (et bien sûr avec les Etats-Unis en tête).