Selon de nombreux chercheurs, Facebook détient de nombreuses caractéristiques qui contribuent à améliorer la qualité de l’éducation : créer des relations positives qui motivent et engagent les étudiants (West et al., 2009 ; Kabilan et al., 2010) ; développer une attitude positive à l’égard de l’apprentissage et améliorer sa qualité (Pasek et Hargittai, 2009 ; Kirschner et Karpinski, 2010) ; développer l’intelligence interpersonnelle et l’esprit critique (Lampe et al., 2008) ainsi que la communication entre étudiants et professeur en dehors de la classe (Selwyn, 2009).

Foog Philipp, Baird et Fogg ont rédigé ensemble « Facebook for Educators », manuel pour accompagner les professeurs à utiliser Facebook dans un cadre d’apprentissage. Ils abordent la question de la sécurité vis-à-vis de l’utilisation de Facebook avec les jeunes mais aussi comment créer une « home Facebook », un profil de professeur adéquat, des groupes et pages pour les élèves. Selon eux, Facebook crée de l’interaction, de l’authenticité pour réconcilier la classe et les réseaux sociaux (qui d’habitude perturbent le bon déroulement du cours).

Optimiser le multi-tasking

Et si au lieu bannir les réseaux sociaux, on s’en servait pour améliorer l’expérience en classe ?

En marketing digital, on parle de multi-tasking, le consommateur est connecté à plusieurs équipements en même temps et reçoit plusieurs messages, son attention est donc fragmentée. Dans les établissements scolaires et du supérieur, il s’agirait donc de ne pas craindre le réseau social parce que élément perturbateur à l’apprentissage mais bien de se servir de ses nombreuses fonctionnalités pour fluidifier le transfert de connaissances, selon les codes de communication des jeunes.

Les jeunes Français passent l’équivalent de 1 jour par semaine sur leur smartphone. Et si cette journée était utilisée pour apprendre sans s’en rendre compte ? Apprendre l’air de rien grâce à la gamification de l’apprentissage, des contenus ludiques sur un réseau utilisé au quotidien.

Comment délivrer la formation via Facebook ?

Tout d’abord utiliser le dialogue : la messagerie instantanée et les commentaires (Barbazon, 2013). La création de groupes qui permettent aux professeurs et élèves/étudiants de poster et commenter du contenu librement (Wang et al., 2011), sous la responsabilité d’un modérateur représenté par les professeurs. C’est ainsi que Sarah Brown Wessling, « Teacher of the Year » 2010 aux Etats-Unis, eut la surprise de découvrir un groupe Facebook crée par ses élèves pour rendre leur devoir. Après un semestre d’études sur la mythologie grecque, les élèves devaient créer et donner vie à leur propre conception personnelle de ce que serait leur héro idéal. Elle les a laissés libre d’exécuter et de rendre leur devoir comme bon leur semble. Chacun a alors travaillé de manière personnelle avant de rassembler tous les travaux de la classe dans un groupe Facebook où chacun commentait le travail de l’autre. La création de pages ne permet pas aux membres de poster du contenu, par contre, un professeur pourrait créer une page dédiée à un thème ou une matière pour centraliser tous les contenus qualitatifs liés. Mais il est aussi possible de créer un profil professionnel pour le professeur qui peut protéger sa vie privée tout en restant authentique auprès de ses élèves. Le réseau social permet de rapprocher les individus, rapprocher apprenants et professeurs pour une plus grande motivation des élèves (Mazer et al., 2006).

 

Bref, en résumé Facebook en classe c’est :

  • Echanger, discuter, partager entre élèves et professeurs
  • Créer des groupes de travaux, des pages inspirantes gérées par le professeur
  • Simplifier la communication avec les plus jeunes générations
  • Créer de la proximité

Et aux avancées de la littérature, je rajouterais :

  • Récompenser la participation écrite (pour les plus timides qui participent difficilement à l’oral en classe et pour les classes surchargées)
  • Comprendre l’importance du réseau dès le plus jeune âge
  • Offrir du contenu varié et ludique pour améliorer l’apprentissage des matières dites « expérientielles » (histoire, géographie, etc.)
  • Et ainsi gagner du temps en classe pour les matières qui nécessitent plus de pratique et d’accompagnement (mathématiques, parler l’anglais, etc.)

Alors, Facebook a-t-il un rôle à jouer dans l’éducation des 13-20 ans en France ?

 

Cet article est extrait de mon mémoire de fin d’études « Le réseau social au service de l’éducation : Facebook comme plateforme de e-learning et lieu de rencontres entre apprenants et professeurs ».

Vous êtes professeur en collège, lycée ou dans un établissement d’études supérieures ? Vous êtes collégien, lycéen ou étudiant ? Vous souhaitez participez à cette enquête quantitative sur les 13-20 ans ? Ou souhaitez échanger à ce sujet et apportez votre point de vue, retour d’expérience ? Contactez-moi à l’adresse smlaurent@hotmail.fr.