Janvier 2016, j’intègre avec enthousiasme le Moovjee (Mouvement pour les Jeunes et les Etudiants Entrepreneurs de 18-30 ans) que mes anciens employeurs m’avaient tant vanté. Ils avaient reçu un prix de cette association qui accompagne les jeunes entrepreneurs au travers d’un programme de mentorat avec des entrepreneurs plus expérimentés.

Déjà pendant mon entretien, j’avais mis en avant le besoin de promouvoir l’entrepreneuriat féminin. Je parle de mon blog et me présente comme volontaire pour toute action qui mettrait les femmes entrepreneures en avant.

Des femmes absentes

Mes premiers comités de sélection pour intégrer la communauté de jeunes entrepreneurs approchent ! Sans oublier le prix Moovjee ouverts aux 18-26 ans !

Un grand nombre de candidats se présente, de candidats… masculins. Je me mets donc à prospecter sur LinkedIn, à travers les candidats d’autres concours… Mais les femmes sont encore plus rares que je ne le pensais, et les jeunes femmes de 18-26 ans quasi-introuvables.

Des femmes discrètes

Puis arrivent les premiers rendez-vous en tête-à-tête. Ces rendez-vous permettent de rencontrer les candidats retenus aux comités de sélection pour mieux connaître leur personnalité et donc mieux cerner quel mentor pourra les aider.

Une majorité de garçons (sans surprise), tous très sûrs de leur projet, dynamiques, extrêmement professionnels malgré leur jeune âge. Ils respirent l’esprit startup dont la France est aujourd’hui si fière. Puis je croise quelques filles, le choc ! Ce sont elles qui ont le plus de mal à se livrer, elles n’osent pas trop en dire.

Des femmes moins audacieuses, moins insouciantes que les hommes

Salon du Travail 2016 : mon premier salon en tant qu’ambassadrice de jeunes entrepreneurs pour le Moovjee. Les passants ont souvent dépassé l’âge : en recherche d’emploi après un licenciement, des entrepreneurs qui ont fait faillite… La dernière personne qui vient vers moi est une femme (enfin !). La trentaine, elle est au chômage et pense créer sa propre entreprise pour rebondir. Je lui explique qu’elle a dépassé la limite d’âge pour le Moovjee mais lui demande quel est son projet. Son visage si triste, soudain s’illumine en me racontant son innovation… qui existe déjà. Son sourire disparaît aussitôt lorsque je lui apprends la triste nouvelle mais l’encourage à chercher, imaginer. Pour elle, c’est l’angoisse, la peur : « comment avoir une idée ? Comment savoir si c’est la bonne ? Comment savoir si ça va marcher ? Je veux bien essayer mais à un moment il faut que je sois sûre de dégager un salaire ! »

Cette femme n’était pas mariée, n’avait pas d’enfant, n’avait pas d’emploi, rien à perdre et pourtant elle avait peur. Moi-même j’aimerais me lancer mais par manque de confiance, n’ait jamais cherché à développer ma créativité, je n’ai pas appris à oser. Une question d’éducation qui est encore à méditer…

Mon avis : les femmes manquent de modèle pour se mettre en avant et s’auto-censurent, n’osent pas… Et ainsi de suite, un cercle vicieux dans un pays qui met pourtant en avant un entrepreneuriat féminin plus fort que dans d’autres pays. Mais sur le terrain, la réalité n’est pas aussi rose.

 

Votre avis mesdames ? Quel réseau me conseillez-vous de contacter ? Femmes entrepreneures, quel(s) conseil(s) à celles qui veulent se lancer ?

Retrouvez l’interview de Béryl Bès, fondatrice de MyAnnona pour le crowdfunding au féminin ici