En 2016, les résultats du classement PISA (Program for International Student Assessment) sont tombés : la France est 26ème sur 70 pays référencés. Un constat moyen et loin des résultats des élèves Allemands ou Anglais en terme de performance. Selon le programme, la France est championne des inégalités. Le milieu socio-économique explique 20% de la performance obtenue par les élèves de 15 ans, contre 13% pour la moyenne des autres pays étudiés. Alors que l’Education Nationale représente le plus gros budget de l’Etat, où est le problème ? Le journaliste et enseignant anglais Peter Grumbel, auteur d’« On achève bien les écoliers » s’exprimait sur la radio Europe 1 à la suite du classement : « On reste en France dans un monde qui est plutôt du 19ème siècle […] Il y a une façon d’apprendre propre à la France, avec beaucoup de ‘par cœur’. Les écoliers ne travaillent pas beaucoup en groupe ce qui, partout ailleurs, est la façon d’apprendre. Il n’y a, dans les classes françaises, pas de participation active des élèves. » Partant de ce constat, l’école doit procéder autrement, se renouveler sur le long terme. Mais difficile d’avoir cette vision au rythme des remaniements. Sous la Vème République Française, pas moins de 16 ministres se sont succédé.

“Une plateforme pour collaborer et un porte-parole pour mobiliser”

Pourtant, apporter des solutions aux professeurs sans changer totalement l’école c’est possible. C’est possible grâce à l’utilisation de nouveaux outils, des outils familiers aux élèves et étudiants : les réseaux sociaux. En décembre 2009, la reine Rania de Jordanie en personne se demandait comment les réseaux sociaux pouvaient jouer un rôle social dans des problématiques mondiales comme l’éducation (Lee & Kotler, 2011). C’est lors d’une keynote délivrée à plus de 2 000 entrepreneurs, bloggueurs et développeurs qu’elle affirmait voir les réseaux sociaux comme “une plateforme pour collaborer et un porte-parole pour mobiliser”. Outre-Atlantique, les réseaux sociaux rythment la formation des élèves et surtout des étudiants pour animer la classe autrement. Les réseaux sociaux permettent de créer une proximité nouvelle entre professeur et élèves, à une époque où ces mêmes élèves sont proches des marques. Ils permettent aussi de délivrer l’information sous de nouveaux formats très diversifiés et plus engageants : articles, vidéos, albums photos, etc. Car oui, il s’agit bien d’engagement vis-à-vis de l’éducation. Grâce aux réseaux sociaux, les marques savent le faire, elles ciblent les jeunes et travaillent l’acquisition, la fidélisation, créent une expérience. L’école peut et doit aussi le faire pour motiver davantage de jeunes et notamment ceux de milieux défavorisés qui sont pointés du doigt par le programme PISA. Si leur utilisation est courante aux Etats-Unis, la France a encore du mal à connecter son école. Elle introduit les tablettes au primaire, des bracelets connectés en classes d’EPS (cf. région Ile-de-France), mais les réseaux sociaux ne sont pas une alternative. Pourquoi ce blocage ? Comment utiliser les réseaux sociaux pour éduquer et former en France ?

 

Cet article est extrait de mon mémoire de fin d’études « Le réseau social au service de l’éducation : Facebook comme plateforme de e-learning et lieu de rencontres entre apprenants et professeurs ».

Vous êtes professeur en collège, lycée ou dans un établissement d’études supérieures ? Vous voulez faire participer votre élèves et étudiants à cette enquête quantitative sur les 13-20 ans ? Ou souhaitez échanger à ce sujet et apportez votre point de vue, retour d’expérience ? Contactez-moi à l’adresse smlaurent@hotmail.fr.